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Le Nickel

 

Exploitation en Nouvelle Calédonie

Le Marché Calédonien et ses Terrains Miniers

Les Projets en Cours

Problèmes Soulevés en Nouvelle Calédonie

 


 

Connu par l’homme depuis l’antiquité, le Nickel a été utilisé pour la confection d’objets usuels et de pièces de monnaie. Ce minerai n’existe qu’en faible proportion sur l’écorce terrestre. Comme un grand nombre de métaux, le nickel est peu utilisé à l’état pur. Il possède de nombreuses propriétés qui font de lui, un composant très apprécié (excellent conducteur de chaleur et d’électricité, très résistant aux agents chimiques, peu oxydables).

Il existe deux méthodes de traitement du nickel : la pyrométallurgie (faire fondre le minerai dans des fours électriques, afin de le séparer des autres métaux) et l’hydrométallurgie (mélanger le minerai à de l’eau et à de l’acide sulfurique, le chauffer, et opérations chimiques).

La principale spécificité du marché du nickel réside dans sa grande concentration : 7 sociétés multinationales fournissent plus des 2/3 des besoins mondiaux (en 2004).

 

SociétésNationalitéPlace mondiale
pour le Nickel
Production
tonnes / an
% production
mondiale
Norilsk Nickel HoldingRussePremier230’00018 %
Inco LtdCanadienneSecond220’00016 %
Falconbridge limitéeCanadienneTroisième104’0007 %
BHP-BilitonAustralien, Anglais 81’0009 %
Jinchuan NickelChinois 72’0008 %
Western Mining CorporationAustralienne 62’0007 %
Eramet, SLNFrançaise 53’000

5 %

 

 

EXPLOITATION EN NOUVELLE CALÉDONIE

 

En 1864, l’ingénieur français Jules Garnier découvrit le Nickel dans la vallée de la Dumbéa. Ce minerai devait faire la richesse de la Nouvelle Calédonie. Son exploitation, débuta en 1874 au Mont Dore, avant de devenir une véritable ruée vers “l’or vert”.

En 1880, Jules Garnier, Higginson et Hanckar (Irlandais et Hollandais) créèrent la Société Le Nickel SLN.

En 1995, la production du Territoire flirtait avec les 120000 tonnes. 70000 tonnes étaient exportées notamment vers le Japon, l’Australie et les Etats-Unis, pour un montant de 11,5 milliards de francs pacifiques, soit plus de 96 millions d’euros.

Les secteurs minier et métallurgique représentent, aujourd’hui encore, 90% des exportations calédoniennes et font du nickel la richesse majeure du Territoire. Cependant, le marché mondial du nickel se révèle très fluctuant (boom en 1960, chute en 1972, en 2000 la tonne se vendait 10400 $, en 2001 plus que 5000 $). Or, la valeur du nickel rythme la vie en Nouvelle Calédonie. La variation de son prix affecte directement le territoire.

La Nouvelle Calédonie possède 20% des réserves mondiales de nickel et fournit 16% de la production mondiale, ce qui la place en troisième position derrière la fédération de Russie et le Canada.

 

 

LE MARCHÉ CALÉDONIEN ET SES TERRAINS MINIERS

 

La Société Le Nickel

La compagnie Le Nickel-SLN : production annuelle de 50000 tonnes, 40% de la production du Territoire. La SLN est détenue à 60 % par Eramet, à 30 % par la STCPI (les trois provinces calédoniennes) et à 10 % par Nisshin Steel Company. Elle exporte le nickel vers le Japon, l’Australie et les Etats-Unis.

La SLN cumule les premiers prix : plus long convoyeur à bande et courbe du monde, four le plus puissant au monde, inventeur d’un procédé unique “la laverie”, premier producteur au monde de ferronickel. Elle possède également la seule usine de traitement de l’île, Doniambo.

La grande fonderie de Doniambo-Nouméa tourne avec 3 fours électriques, laissant échapper des poussières de nickel. Selon l’orientation du vent ces poussières peuvent venir s’abattre sur Nouméa, et provoquer des allergies…

La production est ensuite exportée vers Le Havre, pour être affinée.

 

La Société Minière du Sud Pacifique

La SMSP souhaitait se soustraire au monopole de la SLN et rééquilibrer les richesses entre la partie Nord et Sud de l’île. L’accord de Nouméa de 1998 décide du projet Koniambo, conjointement avec Falconbridge, qui a été rachetée par le suisse Xstrata.

La SMSP représente 20% de la production de Nouvelle-Calédonie et reste contrôlée par la Province Nord, la SOFINOR.

 

La Société Valé INCO

La société canadienne INCO est présente sur l’île grâce à sa filiale Goro Nickel. Elle s’est faite absorbée par la société Brésilienne CVRD (Companhia Vale do Rio Docé). Récemment, le géant minier CVRD Inco a changé son nom pour devenir Valé Inco. Ce nom a pour but de mettre en valeur la dépendance de l’entreprise aux ressources naturelles (valé en portugais signifie vallée).

 

Les Sites d’exploitation en Nouvelle Calédonie

 

SitesProd/anDestinationNb
Salariés
Caractéristiques
Thio
sud est
800’000
Tonnes
La majorité vers Doniambo
Le reste vers le Japon
190Thio arrive en fin de vie
Kouakoua
côte est

1’000’000
Tonnes

Expédiée vers l’usine de Doniambo200La Serpentine, convoyeur à bandes, est capable de prendre des courbes et de transporter 500 tonnes / heure
Népoui
côte ouest
850’000
Tonnes
Exploitée par la SLN230Installation innovante d’enrichissement du minerai, appelée la Laverie, qui permet de récupérer un maximum de métal
Tiébaghi
nord ouest
75’000
Tonnes
Approvisionne en grande partie l’usine de Doniambo200C’est également par voie humide et dans un tuyau que le minerai devrait descendre de la mine vers une laverie

 

 

LES PROJETS EN COURS

 

En 2001, le Territoire a eu plusieurs propositions de développement liées au Nickel. Ces projets restent mal acceptés par les indépendantistes et les chefs coutumiers qui craignent une dégradation de leur environnement.

 

Le projet de Falconbridge-SMSP

Propriétaire du massif Koniambo, au Nord, Falconbreidge-SMSP a annoncé la construction d’une usine pyrométallurgique, capable de fondre le minerai plutôt que de l’exporter. Le projet comprenait la création d’une centrale électrique, d’un barrage et d’un port en eau profonde.

Les ressources du massif du Koniambo, estimées à 150 millions de tonnes, garantissent plus de 40 années d’exploitation. Cette usine est considérée comme un élément moteur du développement économique, créant 900 emplois directs et 200 autres indirects. Mais son ouverture tarde…

 

La société Inco

En avril 2001, le géant Canadien Inco annonçait le projet d’une usine hydrométallurgique dans le sud de la Nouvelle Calédonie, à Goro. Le gisement de nickel et de cobalt du plateau de Goro est l’un des plus importants au monde. Le démarrage progressif du complexe minier et industriel, actuellement en construction, débutera en 2008.

Selon les estimations, cette usine devait permettre l’extraction de 60000 tonnes de nickel et de 5000 tonnes de cobalt par an, et la création de 1600 emplois directs et 5000 indirects.

 

 

 

PROBLÈMES SOULEVÉS EN NOUVELLE CALÉDONIE

 

Plus de 130 ans d’exploitation ont laissé de fortes marques sur le territoire. C’est essentiellement sur la Grande Terre que sont concentré les gisements de nickel du Territoire. Vue du ciel, la Nouvelle-Calédonie laisse apercevoir ses cicatrices rougeâtres, causées par l’exploitation des mines à ciel ouvert, comme sur la photo ci-contre qui représente une exploitation de nickel à la Tontouta. Pendant longtemps, l’absence de réglementation sur la protection de l’Environnement a livré le Territoire aux exploitations intensives, qui ont affecté le paysage et bouleversé les écosystèmes locaux, notamment les coraux.

Avant 1950, le problème de la pollution ne se posait pas, puisque la majorité des travaux s’effectuaient à la main. Mais après la guerre, l’exploitation s’est développée et l’activité s’est mécanisée. Les rejets sont abandonnés sur place ou simplement poussés dans les ravins, engendrant une importante source d’érosion. Les particules de latérites se sont déposées au fonds des cours d’eau, perturbant la faune et la flore.

Mais les dirigeants de l’époque ne se souciaient guère de la protection de l’environnement.

 

Les tribus sont les premières touchées par les dommages causés par ces exploitations, qui sont la pollution de l’eau, mais aussi des sols cultivables et la construction d’infrastructures sur leurs terres.

 

Les avis restent partagés. Le nickel est plus que jamais le centre des enjeux économiques, politiques et humains de la Nouvelle-Calédonie. Pour les plus optimistes, l’idéal serait de concilier développement, protection des identités locales, préservation de la nature et modernité.

Un pari utopique ?

 

 
 
Publié le jeudi 27 décembre 2007
Mis à jour le mercredi 20 février 2008

 
 
 
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