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Des Grandes Expéditions à la Colonisation

 

Découverte de l’archipel

Colonie Française

Colonie Pénitentiaire

 


 

DÉCOUVERTE DE L’ARCHIPEL

 

A la fin du XVème siècle, de grandes expéditions marines sont organisées. A l’écart des habituelles routes maritimes, l’île ne sera découverte que plus tard.
C’est le navigateur Cook, en se rendant du Vanuatu à la Nouvelle Zélande, qui aperçoit la Grande Terre, le 5 septembre 1774 et la baptise “New Caledonia" car la côte de la Grande Terre lui aurait rappelé une région de la Grande Bretagne, son Ecosse natale.
D’autres explorateurs, Lapérouse et Antoine Bruny d’Entrecasteaux, ont également reconnus cette terre, sur demande de Louis XVI.
Jules Dumont d’Urville, en 1827, a redécouvert les îles Loyautés et a été le premier à situer précisément ces îles sur une carte.

 

Le XIXème siècle marque le commencement du commerce entre les Mélanésiens de Nouvelle Calédonie et d’autres pays comme la Chine, avec notamment l’huile de baleine, l’huile de coco ou encore le santal.
Les Européens disposaient à Sydney d’un point de départ pour des opérations lucratives vers les îles du Pacifique. Les baleiniers ont approché les îles Loyautés, mais leur relation avec les kanak n’ont pas été des plus amicales...
En 1841, le bois de santal a été découvert, entraînant un énorme trafic et la quasi disparition de cette espèce.

 

Les missionnaires anglais, partis christianiser le Pacifique depuis 1797, atteignent la Nouvelle Calédonie en 1840. Cependant la christianisation ne se fait pas sans difficultés. Après une attaque de la mission par les kanak, les missionnaires se sont retirés, pour ne revenir qu’en 1851. Mais à cette période, la Nouvelle Calédonie avait déjà été prise par la France et les catholiques. Voila pourquoi l’archipel compte peu de protestants et surtout des catholiques.

 

 

 

COLONIE FRANÇAISE

 

Le rattachement de l’archipel à la France, en tant que colonie, est finalement proclamé le 24 septembre 1853 par le contre-amiral Febvrier Despointes, en présence des missionnaires et des chefs locaux.
Napoléon III cherchait alors des terres destinées à accueillir une colonie pénitentiaire, composée de nombreux anciens communards condamnés par les conseils de guerre. Son but était aussi de renforcer sa présence dans le Pacifique.

 

En Juin 1854, les militaires et Tardy de Montravel fondent Port-de-France pour servir de chef-lieu à la colonie. Le fort Constantine est alors dressé afin d’assurer leur défense. Cette petite ville s’agrandira et prendra le nom de Nouméa, le 2 juin 1866.
Dès 1855, des chefs kanak se sentent dépouillés de leurs terres et commencent l’opposition. L’éloignement, les moustiques et cette hostilité provenant de certaines tribus empêchent un essor rapide de la colonisation.

 

 

 

A la suite de la déclaration de colonie autonome de 1862, le gouverneur Charles Guilain prend ses fonctions et organise l’économie, l’administration et la politique en Nouvelle Calédonie.
Il favorise l’agriculture, l’élevage, et souhaite également une rencontre pacifique entre les deux cultures. Il crée des réserves, terres destinées aux tribus, qui ont pour but de protéger la société kanak de la colonisation, et leur permettre de vivre en accord avec leurs traditions.

 

Jules Garnier remarque la richesse du sous-sol, qui regorge de richesses minérales. Le nickel, qui fera la richesse de l’archipel, est alors découvert.
En 1870, 1300 Européens sont venus s’installer aux abords de Nouméa, contre 7000 habitants à la fin du siècle, entraînant le développement du commerce. Dans un souci de maintien de la santé publique, des grands travaux ont été réalisés. Parmi ces travaux on trouve des aménagements ayant pour but d’alimenter la ville en eau potable, et l’installation de canalisations pour l’écoulement des eaux ménagères.

 

A partir de 1887, le code de l’indigénat est généralisé, il permet d’établir le statut des autochtones, qui sont alors privés de leur liberté et de leurs droits : restrictions sur la liberté de résidence, de travail, de circulation, et l’absence du droit de vote. On peut voir là une sorte d’esclavage.
10 ans plus tard, le gouverneur Feillet crée une hiérarchie administrative dans les tribus, avec la désignation de grands chefs et de petits chefs. Il divise également l’archipel en 50 districts, 333 tribus (dont 70% sur la Grande terre).
Il établit le cantonnement général des Mélanésiens, qui doivent rester dans des réserves “inaliénables, inaccessibles et incommutables”. Mais cela ne durera que quelques années (jusqu’en 1907).
Par contre, il faudra attendre 1945 pour voir l’abolition du code de l’Indigénat. Cette date marque également l’attribution du droit de vote et de la nationalité française à tous les résidents de la Nouvelle Calédonie.

 

Parallèlement, le début du siècle est marqué par une forte activité du port de Thio, qui connaît sans doutes plus de mouvements que celui de Nouméa. Les marins originaires de différents pays s’y arrêtent, engendrant une intense animation, et donc un attrait (souvent commercial) de la population locale.
Les colons vivent de l’élevage et du café, et les kanak se consacrent aux cultures vivrières traditionnelles, mais aussi à la chasse et la pêche.
Des nombreux échanges de marchandises ont pu alors avoir lieu entre la population de l’archipel et les marins étrangers.

 

 

 

COLONIE PÉNITENTIAIRE

 

La Nouvelle Calédonie est désigné comme colonie pénitentiaire. En 1964 le premier convoi de 250 condamnés débarque à Port de France (ancien nom de Nouméa). Ces bagnards (opposants, rebelles condamnés aux travaux forcés) sont d’abord envoyés pour construire les installations pénitentiaires, puis pour faire des travaux d’utilité publique, ou alors ils deviennent des domestiques pour des particuliers. On peut donc considérer que ce sont les bagnards qui ont construit cette ville et développé le territoire.

 

En 1972, un autre convoi, en grande partie constitué de communards, arrive cette fois à l’île des Pins. Il s’agit alors des premiers déportés politiques condamnés à l’exil. Malgré des débuts difficiles avec la Reine Hortense, le sud-ouest de l’île a été attribué aux installations pénitentiaires. La vie s’est très vite organisée, des routes, des bâtiments, dont les ruines sont toujours visibles, ont été construits. Le cimetière des déportés, également situé dans le sud-ouest, est très bien entretenu. Il accueille 230 sépultures. La plupart de ces bagnards ont été victimes de maladies ou ont tenté de s’évader et n’ont pas survécu. Une stèle blanche a été érigée par les bagnards en hommage à leurs semblables.

 

 


Au total quelques 21000 hommes et 1000 femmes ont ainsi été déportés, jusqu’en 1897, date à laquelle le gouverneur Feillet obtient l’arrêt des convois de condamnés. Cependant la colonie pénitentiaire n’a été réellement abolie qu’en 1931. A leur libération, nombre d’entre eux ont reçu une concession.

 

Tout près de La Foa se trouve les vestiges du Camp Brun, bagne construit en 1876 pour les condamnés incorrigibles. Le règlement y était très strict. Fermé depuis 1895 et non entretenu, il ne reste pas grand-chose de cette installation pénitentiaire.

 
 
Publié le mercredi 19 décembre 2007
Mis à jour le mercredi 20 février 2008

 
 
 
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