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L’évolution de la Population Kanak

 

Déclin puis Essor de la Population

Départ des Kanak vers la Ville

Explosion Démographique

 


 

 

DÉCLIN PUIS ESSOR DE LA POPULATION

 

Depuis l’arrivée des Austronésiens, quelques 120 générations se sont succédées, laissant des messages sur leur passage. Ces traces, notamment les sites de pétroglyphes, les terrasses de tarodières, la culture de l’igname, permettent de mieux comprendre la formation de la société traditionnelle Kanak.
Le nombre important de ces installations laisse supposer un nombre élevé d’habitants sur l’île.

 

Avant l’arrivée des Européens, les kanak vivaient principalement de la culture de l’igname et du taro. Des cases ont été construites, le travail était répartit entre les femmes et les hommes.
Les différents groupes présents sur l’archipel se faisaient souvent la guerre (conquête de nouvelles terres, profanation de lieux sacrés,…), avec des armes telles que les sagaies ou les casse-têtes.
Le musée d’ethnographie de Genève met en ligne des expositions comportant divers objets anciens, provenant des 4 coins du monde. La collection est classée selon son origine ou sa fonction.

 

En 1774, lors de l’arrivée du navigateur James Cook, le nombre d’autochtones, bien que très difficile à définir, est estimé à plus de 40000. Cependant, les épidémies, les révoltes et la colonisation ont touché de nombreux clans qui ont aujourd’hui disparut, emportant leur histoire avec eux. Le mot clan désigne un groupe de personnes issu de la même lignée et d’un même ancêtre.
Les Kanak ont alors été repoussés par les colons vers les vallées de l’intérieur, laissant la place aux nouveaux arrivants, provoquant guerres et révoltes.

 

L’administration donne officiellement, en 1867, le nom de “tribu” aux villages kanak. La fin du XIXème siècle a été marquée par un fort déclin, dû aux manques de soin, aux disettes, mais aussi au climat conflictuel qui régnait entre les colons et les kanak, engendrant la grande révolte de 1878. Bien que plusieurs dénombrements aient eu lieu, la première donnée crédible est apparue en 1901 où il y avait alors 29206 habitants mélanésiens.

 

 

 

 

DÉPART DES KANAK VERS LA VILLE

 

Les kanak accèdent aux droits français (en terme de politique, d’éducation,…), suite à la fin du code de l’Indigénat, en 1945.
Des infrastructures sont élaborées, provoquant non seulement un essor des activités économiques telles que le commerce et l’agriculture, mais aussi un métissage culturel, notamment à l’école. Ce milieu de siècle est marqué par le départ des kanak de leur tribu pour travailler à la ville. Les kanak acceptent mal cette séparation et retournent parmi les leurs dès que possible. Ils sont souvent logés en ville par leurs employeurs, dans des sortes de bâtiments sociaux.

 


Les années qui suivent sont caractérisées par un départ non plus contraint mais volontaire des kanak, qui désirent trouver un travail rémunéré. C’est ainsi que les tribus ont perdu peu à peu leurs membres. Le français a progressivement remplacé les langues autrefois parlées dans les tribus. On entend parler français à l’école, à la télé,… mais il est important de ne pas perdre les différentes langues et dialectes parlés dans les tribus. Or de moins en moins de personnes les parlent, seules les anciens des tribus perpétuent ces langues locales.
Pour faire face à ce problème, des moyens sont mis en place, tels que la Journée Internationale pour les langues maternelles, ou encore l’apprentissage des langues et de la culture kanak au programme de certaines écoles.
On assiste à une réelle volonté de maintenir vivantes ces langues, qui sans ces mesures, tomberaient très rapidement dans l’oubli.

 

 

EXPLOSION DÉMOGRAPHIQUE

 

Après une évolution régulière, on assiste à une très forte augmentation de la population, à partir du milieu du XXème siècle. L’après guerre est marqué par de nouvelles arrivées (européens, polynésiens, rapidement suivis de wallisiens et de futuniens), intensifiées par le boom économique du nickel dans les années 1970.

Nouméa est alors devenu un pôle attractif de part les emplois et les salaires qu’elle procurait à de nombreux kanak. Le nombre de kanak à Nouméa est passé d’une centaine à plus de 10000, entre 1936 et 1976.

 

Le problème du logement est ainsi apparut. Pour y remédier, des cités, style HLM, ont été construites aux abords de Nouméa (Montravel, Rivière Salée…). Mais ces bâtiments de bétons ne correspondaient pas aux modes de vie des kanak, ni à leurs besoins. Habitués à vivre dans la nature, ils ne se sentaient pas adaptés à ce nouveau mode de vie.

Pour cette raison, les “squats” ont commencé à se développer. Il s’agit de cabanes de tôles et de planches construites, illégalement, sur des terrains de la ville inoccupés.

Ces squats peuvent être qualifiés de “tribus dans la ville”. Ils sont occupés par des mélanésiens, souvent peu formés et dans des situations précaires, qui n’ont pas les moyens de se payer un loyer à Nouméa. En 1998, une quinzaine de squats sont recensés sur Nouméa, représentant 25% des océaniens de Nouméa.

Par contres, les kanak ayant réussi à accéder à un bon emploi, que ce soit par les études ou par la politique de rééquilibrage, ont choisi de vivre sur Nouméa et ne retournent dans leur tribu qu’occasionnellement ou pour les vacances.

Les kanak habitant à Nouméa uniquement pour le travail restent, quant à eux, très liés à leur tribu, y retournent régulièrement et maintiennent le respect de toutes leurs règles coutumières.

En 1996, 31% des kanak habitaient hors de la tribu.

 

La culture kanak est au centre des problèmes actuels du territoire. L’arrivée des européens a perturbé leur mode de vie, ils ont du abandonner certaines pratiques, réduire la surface de leurs terrains.

Un discours politique a émergé, s’appuyant sur les droits des peuples en minorités, et tente de mobiliser les mélanésiens autour de l’indépendance d’un Etat kanak, la kanaky. Le festival Mélanésia 2000, a d’ailleurs été part intégrante dans cette vision.

 

La société kanak se constitue aujourd’hui d’une trentaine de langues et dialectes, de 341 tribus, de 8 aires coutumières et représente 44% de la population calédonienne. Cette société est, cependant, liée par une forte unité sociale, religieuse et artistique.
Ainsi, après avoir été exclu pendant de longues années, les kanak occupent à présent une place importante dans le présent, mais aussi dans l’avenir du pays.

 
 
Publié le jeudi 20 décembre 2007
Mis à jour le mercredi 20 février 2008

 
 
 
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